Les politiques et les pratiques du Vietnam
Les politiques et les pratiques du Vietnam
Le gouvernement vietnamien reconnaît 54 groupes et langues ethniques minoritaires. Il exprime un fort engagement envers le développement de ses communautés ethniques minoritaires, qui représentent environ 13 pour cent de la population et n’ont pourtant pas profité du spectaculaire essor économique du Vietnam.
La constitution dit que tous les groupesethniques ont le droit d’utiliser leur propre langue.
Toutefois, l’usage de langues ethniquesminoritaires dans l’éducation est limité à un petit nombre d’écoles. Lesdirectives limitent la langue d’instruction au kinh (langue majoritairevietnamienne) et seulement huit langues minoritaires sont enseignées en tantque matières scolaires. Seulement 28 langues ont des systèmes écritsnormalisés; peu de livres existent à part des principales langues minoritaires(tày, muong, cham et khmer) et il y a peu d’enseignants issus d’ethniesminoritaires en raison des difficultés qu’ils rencontrent pour progresser dansle système éducatif.
Certains organismes internationauxsoutiennent des initiatives de formation d’enseignants issus de groupesminoritaires (une solution à long terme). Les organismes éducatifs pilotentégalement l’éducation basée sur la langue maternelle dans les zones où ilexiste une langue minoritaire principale et un système écrit.
Améliorer les pratiquesdans les hauts plateaux
Les enfants des hauts plateaux du Vietnamsont issus de groupes linguistiques multiples, la plupart ne possédant pas desystème écrit. Souvent, plusieurs langues sont parlées dans une même classemais les leçons sont toutes données en kinh.
Au niveau préscolaire, l’organisme Save theChildren UK travaille dans les communautés des hauts plateaux avec des « mèresde référence » et développe leurs habiletés d’aide enseignantes de façon à ceque chaque classe ait une personne ressource qui parle la langue des enfants.
Les mères de référence travaillent avec lesenseignants pour assurer que le contenu du cours est pertinent, en adaptant leprogramme et les manuels scolaires au contexte local et en utilisant destechniques d’apprentissage par le jeu et la participation. Elles utilisent lalangue locale pour introduire le nouveau contenu et l’enseignant renforce lemessage à l’oral, en kinh.
Pour aider à préparer les enfants à l’écoleprimaire, le kinh est introduit oralement et les enfants se familiarisent avecl’alphabet kinh. Cependant, une ou deux années de cette approche au préscolairene suffisent pas pour que les enfants se débrouillent au niveau primaire,encore moins pour qu’ils développent les habiletés littéraires et langagièresessentielles à leur propre langue.
Actuellement, il n’est pas possible d’offrirune véritable éducation bilingue par le système scolaire; sans système écrit ilest difficile d’enseigner dans des langues locales et les écoles manquentd’enseignants issus de minorités ethniques. Que peut-on faire dans un telcontexte?
Renforcer leslangues locales
Save the Chilren UK est en train de développerune nouvelle phase d’éducation multilingue au préscolaire et au primaire. Entravaillant vers un « continuum de bonnes pratiques » il développera lescapacités nécessaires au renforcement des langues locales et à l’enseignementbilingue. Les langues du foyer seront introduites le plus possible dans lesécoles préscolaires et primaires.
Un réseau communautaire d’aides enseignantsbilingues, incluant les mères de référence, travaillera en partenariat avec lesenseignants pour développer l’apprentissage actif et améliorer la languematernelle des enfants ainsi que les habiletés langagières kinh. Les aidesenseignants contribueront à améliorer la communication entre les enseignants etles enfants. Les enseignants amélioreront leurs connaissances des langues localespar des cours de langues et des contacts accrus avec les populations locales.
Le gouvernement cherche actuellement dessolutions pratiques pour répondre aux besoins éducatifs dans différentscontextes linguistiques en mettant à l’essai des approches appropriées auxlocalités et qui pourraient convenir à la situation vietnamienne. Save theChildren UK veut proposer une approche pour progresser vers une éducationmultilingue (EML) dans les contextes les plus difficiles du Vietnam.
Si l’EML doit devenir à la fois une politiqueet une réalité, deux défis doivent être relevés:
- Des méthodes robustes pour rendrecompte des premiers succès sont nécessaires sans quoi la possibilitéd’influencer les politiques pourrait être perdue. Il faut aussi desmécanismes rigoureux de suivi à long terme des progrès réalisés.
- Les agences qui font la promotionde l’éducation multilingue doivent conforter les responsables éducatifslocaux dans l’idée qu’utiliser les langues minoritaires dansl’apprentissage renforce les connaissances de l’élève dans la languenationale plutôt qu’elle ne les diminue.

