Transport des femmes enceintes en Éthiopie
Transport des femmes enceintes en Éthiopie
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’Afrique connaît le taux de mortalité maternelle le plus élevé au monde avec 830 morts pour chaque 100.000 naissances vivantes.
Des services prénataux et des soins après la naissance,le support de personnel qualifié et l’accès à des services obstétriquesd’urgence réduiraient ce nombre.
Cependant, en milieu rural où les patients doiventparcourir de longues distances pour arriver à des structures de santé, sansservices de transport adéquats et abordables, il est difficile de prétendre àde tels soins.
Le groupe Forum National d’Éthiopie (ENFG) a conduit desrecherches sur la façon de transporter sécuritairement les patients dont l’étatest critique ou à haut risque. En Éthiopie, dans les zones rurales où vivent 85pour cent de la population, les populations rencontrent des difficultés àaccéder aux cliniques ou aux hôpitaux de référence. Les études font état de deux problèmesprincipaux:
- Le manque criant de moyens de transport enmilieu rural contraint les patients à marcher de longues distances, ce quiprovoque la détérioration de leur état lorsqu’ils arrivent aux centres desanté.
- Lorsque des moyens de transportconventionnels sont utilisés, le positionnement des patients pendant le trajetprovoque parfois des complications. Les moyens de transport courants incluent:civières en bois fabriquées sur place et portées par quatre personnes,transport sur le dos d’animaux ou d’autres personnes, charrettes tirées par deschevaux ou des ânes, camionnette ou n’importe quel véhicule disponible.
Ces méthodes sont problématiques dans la mesure où:
- il est souvent difficile de maintenir lespatients dans une position neutre et sûre.
- les retards à obtenir des traitementsmédicaux peuvent entraîner des complications chez les patients
- Les patients souffrant de blessures multiplesou graves comme celles du rachis cervical ou de traumatisme médullaires’exposent à d’éventuelles lésions secondaires.
Les groupes les plus vulnérables - ceux qui n’ont pasaccès à un transport adéquat et dont la santé est défaillante - sont les femmesenceintes et celles qui souffrent de fistule. Il devient plus difficile pour lepersonnel médical de leur sauver la vie et les patientes succombent souventd’un traumatisme secondaire provoqué par leur transport vers le centre desanté.
Deux principales recommandations pour les planificateurslocaux, les décideurs et les fonctionnaires peuvent être tirées de larecherche:
- Matériel : un travail d’intégration de laplanification entre les secteurs de la santé, du transport et les autresministères améliorerait l’accès aux services de santé. De meilleures techniquesde transport, motorisées comme non motorisées, telles que l’usage de « vélosambulances » pour les courtes distances et de « taxis ambulances » pour lesplus longues distances seraient d’une grande assistance.
- Formation : à court terme, des outils deformation illustrant le positionnement optimal des patients avec les moyens detransport conventionnels pourraient être utiles. Ces outils pourraients’inspirer de modèles de « formation des formateurs » déjà utilisés par les ONGintervenant dans le domaine de la santé, les organisations communautaires debase et les structures locales de santé.

